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RELIE : Une histoire à
suivre ...
RELIE : une histoire à
suivre
On peut considérer que l'histoire du Réseau d'entreprise légumière
d'insertion par l'économique débute en 1991 avec l'agrément de l'EARL de
l'Aqueduc à Saint Martin de Crau (Bouches du Rhône) comme entreprise
d'insertion. Il s'agit d'une entreprise maraîchère qui cultive sous
abris (tunnels plastiques, serre verre) des tomates, des salades et autres
légumes méditerranéens. Ce fût une
première dans la mesure où, si l'horticulture sert souvent et depuis
longtemps de support à des actions d'insertion de personnes en difficulté,
celles-ci se déroulaient généralement dans le cadre associatif ou en
milieu protégé. Plus globalement, peu d'entreprises agricoles ont jusque
là accompli la démarche de se créer ou se transformer et se faire
conventionner comme entreprise d'insertion.
Ce qui ne les empêche pas, de fait, d'accueillir souvent des personnes
en grande difficulté, mais sans appui ni compétence spécifique, et parfois
de faire de l'insertion par l 'économique sans le savoir, mais aussi sans
les moyens, au risque de mettre en péril l'entreprise.
L'idée de Claude TREMELAT, dirigeant de l'EARL de
l'Aqueduc, fort de l'expérience qu'il vit durant plusieurs années dans son
entreprise d'insertion et de ses responsabilités syndicales au sein de la
Fédération Nationale des Producteurs de Légumes (FNPL), il explique sa
démarche aux instances nationales professionnelles et suscite leur
intérêt. Emerge alors l'idée de caractériser l'entreprise légumière
d'insertion par l'économique (ELIE), de recenser ce qui existe en la
matière, d'évaluer l'opportunité d'un essaimage du concept de cibler des
bassins d'emplois et des bassins de production légumiers.
Ce fût l'objet d'une
première étude portée par la FNPL et soutenue par l'ONIFLHOR. Un groupe de
travail est constitué à cet effet, présidé par Claude TREMELAT. Il associe
les compétences de deux experts de la formation agricole (Philippe FERRER
et Marcel REYNIER), d'une experte en organisation (Sylvie ARNAUD), et d'un
observateur de l'interface maraîchage/Société (Jean HARZIG).
Cette étude, analyse et valide la référence Earl de l'Aqueduc et
conclut à la " transposabilité " du concept d'ELIE. Elle suggère qu'un
essaimage du concept soit réalisé dans le cadre d'un réseau national aux
contours à préciser. Enfin, elle repère quelques zones, en particulier
périurbaines où la mise en place d'ELIE présenterait un intérêt social
particulièrement évident.
A partir de cette première étape, la FNPL
accentue son engagement politique dans RELIE, considérant que c'est un
projet fort, qui peut apporter une contribution très positive de la part
des maraîchers à la vie sociale et économique des bassins de production du
pays. Le contexte social et politique conforte par ailleurs l'intérêt des
pouvoirs publics, français et européens, pour ce type de démarche. De
plus, l'évolution du marché de l'emploi est telle que le secteur agricole
connaît des difficultés croissantes pour trouver et fidéliser de la main
d'œuvre. L'insertion par l'économique peut être une réponse globale et
pertinente pour lutter contre l'exclusion et constituer un vivier de
personnes compétentes et motivées, dont de nombreux bassins de production
légumiers ont de plus en plus besoin.
C'est ainsi qu'une
deuxième étape de réflexion est engagée avec le même groupe de travail
afin d'expérimenter l'esquisse d'un réseau d'ELIE. Il s'agit ici de
confirmer dans la pratique les possibilités d'essaimage, mais aussi de
définir précisément les contours d'un réseau capable de fédérer les ELIE
autour d'un certain nombre de fondamentaux à définir. Nous sommes ici au
cœur de cette seconde démarche, qui débouche actuellement sur une
troisième, l'élargissement du réseau à d'autres ELIE, à d'autres acteurs
de la filière fruits et légumes (horticulture, arboriculture,
conditionnement....), à d'autres pays, afin d' acquérir véritablement une
dimension européenne.
L'histoire est donc bien à
suivre... |